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Les différents troubles pouvant être retrouvés chez une personne avec un TSA

octobre 29, 2018 - Severine

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Les troubles de l’oralité alimentaire ne sont qu’une petite partie de l’ensemble des troubles pouvant être retrouvés chez les personnes avec TSA.

Bien que ce site se consacre aux troubles de l’alimentation chez les enfants avec TSA, nous tenions tout de même à vous faire une brève présentation des autres troubles pouvant être également présents et ayant parfois un impact direct sur le temps du repas.

 

  1/ Troubles du sommeil

Dans les TSA, les troubles du sommeil se caractérisent de différentes façons : un éveil prolongé où l’enfant peut être complètement passif, ne se manifestant pas, ou au contraire présentant de nombreuses stéréotypies ; des périodes d’insomnie accompagnées de détresse. Dans tous les cas, le comportement est variable d’un individu à un autre et impactera de façon significative le système familial.

→ Le temps du repas est certes un moment T dans la journée, mais l’état d’esprit et l’état physique avec lesquels nous passons à table influencent nécessairement son déroulement. Ainsi une trop grande fatigue chez votre enfant pourra faire naître des difficultés au cours du repas. Son état général est donc à prendre en compte tout au long du repas afin de pouvoir répondre à ses difficultés (baisser les exigences demandées, avoir recours au maximum à une communication adaptée…)

 

 2/ Problème dans l’acquisition de la propreté

Les troubles sphinctériens, énurésies ou encoprésies, découlent d’un retard dans les apprentissages dû à un trouble du transit issu d’une alimentation peu équilibrée, d’une indifférence face aux signaux corporaux, de peurs spécifiques liées aux toilettes.

 

 3/ Troubles moteurs

Un retard de développement psychomoteur peut être retrouvé avec un décalage dans l’acquisition du maintien de la tête, de la station assise ou encore de la marche. Les troubles se situent à plusieurs niveaux :

  • Au niveau de la motricité globale avec un maintien (postures anormales) et des déplacements présentant des particularités. Les mouvements sont appauvris, ralentis ou différés, l’initiative pouvant être absente. Une hypertonie ou une apathie peuvent être présentes ainsi que des défaillances dans la maîtrise des limites corporelles.
  • Au niveau de la motricité fine: problèmes de coordination, acquisition tardive de la latéralité, négligence de certaines parties du corps.
  • Au niveau facial: la mobilité est souvent réduite avec des mimiques pauvres ou peu ajustées, des crispations ou des mouvements parasites.

→ Ces difficultés motrices pourront gêner votre enfant au cours du repas. Il sera donc intéressant d’adapter certains ustensiles afin de faciliter l’acte moteur. (cf fiche « adaptation des outils »)

 

 4/ Troubles psychiatriques

Certains troubles psychiatriques tels que l’anxiété, les phobies obsessionnelles, la dépression, les désordres de l’attention avec hyperactivité ou encore les troubles bipolaires sont souvent retrouvés dans l’autisme. La frustration peut déclencher des comportements auto-agressifs (automutilation).

 

 5/ Retard mental

Il a été montré que 75% des enfants avec TSA sont atteints de retard mental. Le profil de ces enfants est souvent très hétérogène avec de bonnes capacités dans certains domaines alors que d’autres seront très déficitaires. En effet dès qu’une tâche fait appel à un apprentissage issu d’une culture commune, l’enfant avec TSA aura des difficultés alors qu’il est capable de retenir des informations qu’il aura apprises sciemment. Cela peut être dû à l’intérêt restreint porté pour un domaine et dans lequel il acquiert de très bonnes performances.

→Le repas ayant  divers aspects socio-culturels, la compréhension de ce temps peut être mise à mal chez les enfants avec TSA qui ne percevront pas toujours ce qu’on attend d’eux tout au long du repas.

 

 6/Troubles du langage

Les anomalies de langage sont au cœur du spectre des troubles autistiques, la communication étant l’aspect le plus touché.

Au niveau expressif, nous notons le caractère restreint de l’intérêt porté à la communication. Plusieurs traits sont caractéristiques du langage des personnes avec TSA :

  • Les écholalies immédiates ou différées, permettant de maintenir un rôle dans la conversation
  • Les néologismes ou langage idiosyncrasique: apprentissage de mots et de phrases par l’association sons-vue sans lien avec une situation précise. Les corrections de l’entourage quant à l’utilisation inappropriée de certains mots ne sont pas prises en compte.
  • Les inversions de pronoms: les personnes avec TSA ont tendance à utiliser le « tu » pour parler d’elles.

L’expression est également perturbée dans l’utilisation des outils de communication tels que l’intonation, la hauteur de la voix, le débit, la fluidité. Nous retrouvons une élocution monotone ou au contraire chantonnante sans qu’il y ait pour autant expression d’émotions dans les émissions. Des difficultés à évaluer le volume sonore (chuchotement vs cri) et un débit très rapide ou au contraire très lent peuvent être observés.

En ce qui concerne la compréhension, celle-ci est limitée. Les enfants avec TSA ne comprennent pas certaines expressions langagières, les inférences, l’implicite ou encore les métaphores leur posent également problème. Ils ont une compréhension très littéral du langage ce qui peut engendrer des inadaptations lors de situations sociales.

→ Ces troubles de la compréhension pourront impacter le temps du repas. Ainsi des comportements inadaptés ou des frustrations pourront voir le jour chez votre enfant ayant un TSA par manque de clarification de la situation d’alimentation. Donner la possibilité à votre enfant de s’exprimer et de comprendre ce qu’on lui demande est alors primordial ! (cf fiche « clarifier la situation d’alimentation »)

 

 7/ Trouble du traitement de l’information

Dans l’autisme, l’intégration des informations sensorielles  est perturbée. Ainsi l’ensemble des sens (vision, audition, toucher mais aussi odorat et goût) est altéré. Ce qui aura notamment un impact sur le temps du repas.

Plusieurs hypothèses ont été postulées pour expliquer cela :

  • Problème de saisie de l’information

Nous retrouvons ici plusieurs idées. Soit ce sont les canaux sensoriels des personnes avec TSA qui ne délivreraient pas la bonne information, l’atténuant ou l’exagérant. Soit c’est l’encodage qui ne se ferait pas de façon habituelle : les personnes avec TSA traiteraient directement les informations sans les soumettre à des processus plus élaborés et n’accèderaient donc pas au sens de ces informations. Ou encore, il y aurait une sursélectivité d’un sens conduisant la personne à ne répondre qu’à un type de stimuli.

  • Problème d’intégration des informations

Cette hypothèse affirme la présence de différents troubles.

Il y aurait un trouble de la cohérence centrale chez les personnes avec TSA : ces personnes retiendraient des traits différents et spécifiques de leur environnement issus d’une exploration particulière les amenant à s’attarder plus sur les détails que sur une vue d’ensemble. Il n’y aurait alors pas de déficits sensoriels. Nous remarquons en effet qu’ils ont une capacité incroyable à focaliser leur attention sur un stimulus bien précis sans pour autant pouvoir réguler la souplesse de cette attention.

On retrouverait également un trouble de la théorie de l’esprit, c’est-à-dire une incapacité à comprendre les pensées et les sentiments d’autrui.

Enfin des difficultés d’ordre exécutif seraient présentes. Les fonctions exécutives recouvrent un ensemble de capacités dépendant de fonctions supérieures. Il s’agit de la capacité de contrôler une action et son résultat en la planifiant, en s’adaptant. Etre flexible à différents paramètres, pouvoir inhiber certains stimuli et garder en mémoire des informations importantes sont d’autres aspects des fonctions exécutives.

 

→ Toutes ces hypothèses expliqueraient la différence de traitement du monde extérieur chez les enfants avec TSA. Cette différence de traitement des informations engendrerait des difficultés au cours du repas dans le sens où il y a quantité de stimulations à traiter  tout au long du repas : les aliments proposés dans l’assiette, le nombre de convives à table, les bruits alentours… (cf onglet « Solutions pratiques »)

 

 8/ Troubles des émotions

Les enfants avec TSA possèdent une certaine incapacité à interpréter les émotions. Leurs difficultés à décoder les sentiments les plus élémentaires exprimés par la voix ou le visage engendreraient leur isolement autistique. Il est à noter que cette incapacité pourrait être la conséquence d’un déficit de la théorie de l’esprit.

Les enfants avec TSA sont également peu expressifs, adoptent des postures souvent raides et une voix monotone. Certes les émotions de bases telles que la douleur ou la joie peuvent être exprimées mais dès qu’il s’agit d’émotions dites « sociales » comme la fierté ou la gêne, les enfants avec TSA auront des difficultés à les comprendre et à les utiliser. Cela peut s’expliquer par le caractère culturel de l’expression émotionnelle. Un apprentissage facilitera l’appropriation de ces émotions chez ces enfants.

 

→ Au moment du repas, votre enfant ayant un TSA pourra avoir des difficultés à exprimer ce qu’ils aiment ou non. Etre vigilant aux réactions qu’il peut avoir, même minimes, est alors primordial afin de ne pas créer d’incompréhensions.

 

Severine

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